“En quelques minutes, on voit si l’organisation tient…
ou si elle repose uniquement sur l’habitude.”
Depuis 2018, François accompagne les industriels dans la transformation de leur supply chain vers des organisations en Flux Tirés. Il intervient à chaque étape des projets, du diagnostic initial jusqu’au démarrage opérationnel, en passant par la structuration des flux, le paramétrage de l’outil AD6 et la formation des équipes.
Avant de devenir consultant, il a occupé pendant plus de vingt ans des fonctions opérationnelles en production et en supply chain. Cette expérience terrain lui permet aujourd’hui de comprendre rapidement les problématiques des équipes et de proposer des organisations réellement adaptées aux contraintes industrielles.
Ce que je regarde en premier dans une usine
Quand j’arrive pour un diagnostic, je ne commence pas par analyser des indicateurs. Je regarde d’abord comment les flux sont organisés concrètement. Comment les zones sont rangées, structurées, identifiées. Très rapidement, on perçoit si l’organisation est claire et partagée, ou si elle repose essentiellement sur l’expérience de quelques personnes.
“En quelques minutes, on voit si l’organisation tient…
ou si elle repose uniquement sur l’habitude.”
Lorsque les emplacements ne sont pas identifiés de manière lisible pour tous, ou que seuls les collaborateurs les plus anciens savent s’y retrouver, cela traduit souvent un pilotage à l’expérience et cloisonné.
Comment je fais passer une organisation en flux tirés
Chaque intervention commence par un diagnostic. L’objectif est de comprendre le fonctionnement réel de l’entreprise et d’évaluer si les flux tirés sont pertinents, sur tout ou partie de l’activité. Je ne pars jamais d’une méthode à appliquer, je pars de la réalité de l’entreprise pour construire une organisation adaptée.
Une fois l’intérêt des Flux Tirés validé, une phase d’étude approfondie est menée avec le client. Elle repose sur deux axes complémentaires : la définition et le paramétrage de la future organisation des flux, et la préparation technique de l’outil AD6, en cohérence avec cette organisation.
Quand tout est prêt, je forme les équipes directement sur leurs propres données, déjà intégrées dans l’outil. C’est beaucoup plus parlant pour elles de manipuler le logiciel avec leurs références, leurs flux, leurs volumes réels.
Le démarrage doit suivre de près les formations. Chaque fois qu’on laisse passer des semaines ou des mois entre les deux, on perd une partie de ce qui a été transmis et on complique inutilement le lancement.
Une présence sur site au lancement permet d’accompagner les premiers ajustements. Cet accompagnement se poursuit ensuite à distance, avec des échanges réguliers pour traiter les points remontés et faire évoluer l’organisation dans le temps.
Les erreurs et tensions que je vois le plus souvent
Sur le terrain, on retombe très souvent sur les mêmes tensions en supply chain.
Quand les stocks, les approvisionnements et la production ne sont pas bien synchronisés, les ruptures arrivent vite. Et derrière, c’est toute la chaîne qui se retrouve perturbée.
Dans la majorité des cas, ce ne sont pas simplement des “problèmes de stock”.
Ce sont avant tout des problèmes d’organisation.
Un autre point que je vois régulièrement, c’est le cloisonnement des métiers.
Chaque service travaille dans son périmètre, chacun fait “sa petite sauce”, sans toujours mesurer l’impact sur les autres. Supply, production, approvisionnement, direction… tout le monde est concerné.
Je le constate à tous les niveaux, du dirigeant à l’opérateur. Et c’est un frein majeur dès qu’on veut mettre en place une organisation plus fluide et plus lisible.
Côté flux tirés, il y a aussi une idée reçue très tenace : la peur de faire monter les stocks.
Comme on parle de points de stock à différents niveaux, beaucoup pensent que cela va mécaniquement augmenter les volumes.
En réalité, les déséquilibres existent déjà. Il y a souvent trop de stock à certains endroits, pas assez à d’autres.
Le rôle des flux tirés, c’est justement de remettre de la cohérence : positionner les stocks au bon endroit, au bon niveau, rendre leur pilotage plus lisible… et finalement avoir un niveau de stock global plus bas.
Quand un Kanban manuel suffit… et quand il faut un outil comme AD6-FluxTirés
Un Kanban manuel peut très bien fonctionner pour une entreprise qui gère quelques centaines de références.
Au-delà, selon l’organisation et la complexité des flux, on atteint vite une limite : la mise à jour des données devient trop lourde, et on perd le côté dynamique qui fait l’intérêt d’une organisation en flux tirés.
Avec AD6, l’idée est de garder ce principe simple du flux tiré, mais avec un système de calcul et de réapprovisionnement des stocks adapté au volume et à la complexité de l’activité.
Dès l’étude préalable, j’intègre les données réelles de l’entreprise dans une base de test.
On forme ensuite les équipes directement sur ce référentiel : elles reconnaissent leurs produits, leurs flux, leurs cas concrets, ce qui facilite énormément l’appropriation du logiciel.
Ce que je fais quand les équipes sont sceptiques
La formation ne suffit pas toujours pour embarquer tout le monde.
Entre les nouveaux paramètres à manipuler et la crainte de l’outil informatique, certains peuvent se sentir perdus ou inquiets.
Ajoute à ça le changement d’organisation, et c’est normal que tout le monde n’adhère pas au même rythme.
Dans ces cas-là, je passe en accompagnement personnalisé.
Je reprends les sujets en tête-à-tête avec les personnes qui en ont besoin, je leur fais rejouer les processus, pas à pas, jusqu’à ce qu’elles soient à l’aise.
L’idée, ce n’est pas de forcer, mais de donner à chacun le temps et le niveau de support nécessaires pour qu’il puisse utiliser l’outil et la nouvelle organisation sereinement.
Ce qui fait, pour moi, qu’un projet fonctionne vraiment
Pour moi, un projet fonctionne lorsque deux conditions sont réunies :
- L’atteinte des objectifs définis dès le diagnostic et l’étude préalable : niveau de service, optimisation des stocks, amélioration de la fluidité des flux.
- L’appropriation par les équipes. Les utilisateurs doivent comprendre, utiliser et reconnaître la valeur de l’organisation et des outils mis en place dans leur quotidien.
Il y aura toujours des gens qui trouvent que “c’était mieux avant”, et d’autres qui sont immédiatement convaincus.
Mais si, dans l’ensemble, les équipes terrain se sont approprié le système, que les irritants diminuent et que les gains sont au rendez-vous, on peut dire que le projet est réussi.
Ce que je voudrais que les dirigeants retiennent
L’implication des équipes est un facteur déterminant, souvent sous-estimé.
Il arrive qu’on réalise toute l’étude préalable uniquement avec les responsables supply et la direction, puis qu’on découvre en formation des équipes qui n’ont jamais été associées au sujet.
“Un projet sans implication des équipes dès le départ est toujours plus difficile à faire adopter.”
Dans ces cas-là, il faut rattraper en urgence tout un pan “accompagnement du changement” qui aurait pu être anticipé.
Impliquer les équipes dès le départ ne veut pas dire tout décider à cinquante, mais leur donner de la visibilité, écouter leurs contraintes terrain et les associer aux grandes étapes.
Cette implication doit également concerner la direction et les managers, qui doivent rester mobilisés aux étapes clés du projet pour donner du sens aux décisions, prendre les arbitrages nécessaires et accompagner les équipes dans la transformation.
C’est ce qui fait la différence entre un projet “théoriquement bien conçu” et un projet réellement adopté sur le terrain.
En résumé
François s’appuie sur plus de 20 ans d’expérience en industrie pour accompagner les entreprises dans la transformation de leur supply chain.
Son approche repose sur une compréhension concrète des enjeux terrain, une capacité à structurer les flux de manière adaptée à chaque contexte, et un accompagnement opérationnel jusqu’à l’appropriation complète par les équipes.